Les mais d'amour de Champigny

Publié le par Catherine et Marcel

Allons au bois le mai cueillir Pour la coutume maintenir Nous aurons des oiseaux la gaîté En ce premier jour de mai
Allons au bois le mai cueillir Pour la coutume maintenir Nous aurons des oiseaux la gaîté En ce premier jour de mai

Champigny n'a pas échappé à la tradition des mais d'amour de l'Est de la France.

A la veille du premier mai les jeunes hommes célibataires se donnaient rendez-vous à la carrière pour faire la fête. Ils passaient la journée à festoyer et à couper des branches d'arbre , tout ce qu'il y avait de droit et de haut y passait, surtout des genévriers et des hêtres. La nuit, les garçons se rendaient chez les jeunes filles à marier pour orner leurs façades ou leurs portes de ces "arbres de mai" , haut de deux ou trois mètres, en guise d'hommage.

Le lendemain, chaque belle dont le domicile avait été ainsi décoré se devait d'offrir à boire et à manger aux hommes pour "arroser" leur mai. C'était une occasion de plus de faire la fête et certains garçons avaient de la peine à rentrer chez eux le soir! .A Champigny, toutes les fins de semaines du mois de mai étaient occupées à ces réjouissances bien arrosées!

Chaque garçon pouvait laisser son mai sous une fenêtre, éliminant le précédent. Souvent les jeunes hommes se réunissaient dans la soirée pour décerner à chaque belle un mai collectif. Il pouvait arriver que deux prétendants se retrouvent en même temps sous les fenêtres de leur belle et là, gare au pugilat !

Cette nuit était également mise à profit pour se défouler et effectuer un charivari, un chambardement : vacarme sous les fenêtres des personnes grincheuses, déplacement des objets les plus divers : pots de fleur, volets, portique, banc, matériel agricole, pile de bois… À chacun le lendemain de récupérer son bien ! La place de la mairie pouvait ainsi se retrouver encombrée de charrettes!

Ces rites ancestraux ont continué jusqu'à la fin des années 1960

L’arbre de mai est en quelque sorte l’équivalent printanier du sapin de Noël. Il est le symbole de la vie et des quatre saisons avec l’éternel retour du cycle de la vie.Le nom de mai dérive du nom de Maia, déesse de la fertilité.

Aujourd'hui l'arbre consensuel est le hêtre mais au Moyen Agen un langage était associé à l’essence de l’arbre :

  • l’églantier - tu es mon grand amour,
  • le charme - tu es charmante,
  • l’aulne - tu es belle,
  • le foyard (hêtre) – amour le plus profond,
  • le sapin – fille volage ou bêcheuse,
  • le pin – fille hardie
  • le sureau – fille inconstante, fille déshonorée
  • le cerisier – fille facile…
  • le saule - fille pleureuse ou fille volage
  • l’aubépine - fille estimable, annonce d’un prochain mariage
  • l’olivier - symbole de paix et de fécondité, confirmait le mariage
  • le tilleul - l’arbre aux épousailles,
  • le lilas - fille belle et modeste, de bonne réputation, amours naissants,
  • l’acacia - amours platoniques,
  • le mimosa - amours secrètes, je n’aime que vous
  • le noisetier - symbole de fertilité
  • l’amandier - fille étourdie,
  • le chêne - fille constante ou inconstante,
  • le houx - fille cruelle,
  • le genêt - fille repoussante,
  • le peuplier - fille gémissante,
  • le romarin - fille douteuse,
  • le bleuet - fille délicate,
  • le volubilis - fille attachante,
  • la marguerite - fille candide, amours partagées
  • le basilic - fille modeste
  • l’oranger - fille sympathique
  • la primevère - fille affectueuse
  • la paquerette - fille attachante
  • l’if - fille maléfique
  • l’ortie - symbole de rupture
  • figuier - fille repoussante