Les campestriens au service de la Révolution en 1792

Publié le par Catherine et Marcel

Ils ont par leur souffrance et leur sang contribué à écrire cette épopée. Véritable croisade des temps modernes , d'où jaillit cette déclaration des droits de l'homme, prestige de la France.

Mais je tiens à rappeler aussi qu'ils furent des soldats qui partirent combattre aux frontières dans les rangs de la célèbre armée de Sambre et Meuse, et de bien les dissocier des septembriseurs qui ternirent les idéaux de la Révolution par leurs massacres: soit ceux perpétrés dans les prisons, soit ceux des prêtres de l'abbaye des Carmes.

Il faut pour situer l'état d'esprit qui motiva leur engagement, ne plus penser à notre village d'aujourd'hui, oublier ce long ruban de route nationale qui le traverse, ne plus voir ce chemin de fer qui troue la plaine et sépare le Pays Bas. Ces grandes parcelles de terre aux longs sillons rectilignes, mais revoir notre village avec ces "bricoles" (petite ferme avec un âne, 2 vaches et quelques terres et arpents de vigne) et touts ces vignes le ceinturant au Sud et à l'Est et à l'Ouest. Cette route de Paris poussiéreuse où passe tous ces rouliers et les diligences allant sur Lyon, et c'est par ce chemin qu'arrivaient de la capitale les informations relatives aux événements qui se passaient la-bas. Plus rapidement qu'ailleurs, du fait de cette voie importante de communication et la relative proximité.

Il faut dire que les 15 années précédant la prise de la Bastille, la vie était très difficile, les pénuries de tout ordre, les mauvaises révoltes, la vie chère. La complexité des lois et les impôts, la mauvaise gestion du bailliage, Champigny dépendait du grenier à sl de Montereau et La Chapelle de celui de Sens. D'ailleurs le cahier de doléances de Champigny rapporte que les codes civils soient réformés et simplifiés, pour parvenir à la décision de tous procès et à moins de frais.

Tout cela contribua à l'échauffement des esprits.Quand survint une rumeur, que des brigands pillent les villages, les brulent, fauchent même les récoltes en vert, cela causa une immense panique. Ce sera cette fameuse grande peur dite "Peur de Romilly", celle-ci ayant pris naissance au Sud de cette ville le 24 juillet 1789, elle arriva à Champigny le 29 juillet 1789 au soir.

Notre village forma une milice pour se protéger, elle resta active, pendant la Révolution et quand le roi Louis XVI déclara la guerre, en avril 1792. Après le manifeste de Brunschwich, la patrie déclarée en danger, eut grand besoin de défenseurs.

A tous ces discours patriotiques les esprits s'enflammèrent, 22 jeunes et moins jeunes de Champigny s'assemblèrent et avec beaucoup de détermination s'enrolèrent.

Pour leur départ, les gens de la commune les équipèrent à leur frais. Ils partirent donc avec 3 semaines de subsistances, dans l’allégresse générale, et de là à pied, ils rejoignirent l'armée du Nord.

De cette équipée, une cohésion des habitants de notre village en résultera. Quelques années plus tard il sortira la création du corps des sapeurs pompiers, qui depuis lors et avec beaucoup de dévouement se perpétue de nos jours. Le drapeau qu'ils honorèrent, voici encore quelques années et qu'ils gardèrent longtemps jalousement dans leurs locaux portent en ses plis les traces démontrant l'esprit qui anima les volontaires de 1792. Le dernier qui le porta fut Etienne CORNU.

VENEZ VOIR LE DRAPEAU, IL EST AUJOURDHUI A LA MAIRIE A LA GARDE DE LA MEMOIRE DE TOUS LES CAMPESTRIENS!

Liste des campestriens engagés volontaires en 1792:

BAUFFRE Jacques 18 ans, fils de Jacques et de Catherine MIARD

BOURBONNELLE Jean 32 ans il ne partira en réalité que le 23.2.1793

BOUCHERON Martin né le 18.9.1767 fils de Guillaume et Geneviève Charpentier

CHOLET Jacques 45 ans sera le premier tué de Champigny des guerres de la République et de l'Empire par un boulet au siège du Quesnoy à la redoute dite d'égalité (sic) le 11 Thermidor (par ironie du sort 150 ans après ce sera un CHOLETqui le 18.8. 1944 fermera la longue liste de nos morts au champ d'honneur de toutes les guerres)

COURTIAL Jean-Baptiste né le 12.3.1770 fera toute les campagnes de la République et de l'Empire terminera capitaine 1er porte Aigle du 5ème régiment de ligne. Son épopée se termina en 1812 su les rives de la Bérezina.

GAUTHIER Jean 27 ans fils de Jean-Maire et Anne BAUPIN

HURE Jean-Baptiste 20 ans fils de Jean-Baptiste et Madeleine HAUMET

HURE Jacques 30 ans fils de Jacques et Marie-Anne CLEMANDE

HURE Jean 26 ans fils de Jean et Marie HURE

HURE Jean-Pierre 49 ans fils d'Henry et de Jeanne Catherine LORILLON. Lors du passage des volontaires de l'Yonne à la 94ème demi brigade restera auxiliaire au dépôt de la brigade du fait de son âge.

IGOT Pierre 22 ans fils de Claude et Madeleine COLSON

LAMY Pierre 30 ans fils de Pierre et Madeleine HAUMET

LEROUX Léonard 24 fils d'Etienne et de Madeleine IGOT

LEROY Claude 21 ans fils de Claude et de Catherine BOUDAT

MERCIER Michel 30 ans fils de Michel et Catherine CHAMPAGNE

MOREAU Sébastien 37 ans

MISERE Joseph 22 ans fils d'Etienne et de Françoise PERCHERON, blessé au siège du Quesnoy sera considéré mort et rayé des listes de l'armée le 7 Messidor (an III)

PLISSON Claude 20 ans fils de Nicolas mort le 3 septembre 1812 à l’hôpital d'Utrecht de fièvre adynamique

PINON Jacques fils de Jacques et Marie-Anne Doré

REGNARD Pierre 23 ans fils de Michel et Catherine IGOT

RENARD Jean-Baptise 21 ans (tambour) fils de Jean et Madeleine PINON

volontaires partant le 1er septembre 1792:

PLISSON Jacques fils de Claude et Geneviève BARRY

LORION (Lorillon) Jean fils de Pierre et Aimable CEMENT 28 ans sergent à la 6ème compagnie

BOUVERET Jacques 25 ans fils de Jacques et de Anne HATIER

PLISSON tienne fils de Nicolas et de Marie ROUSSETTE 20 ans

CHARPENTIER Jacques fils de Claude

Pour permettre à de nombreuses familles de Champigny de situer les personnes citées dans leur ordre généalogique j'ai tant que faire se peut donné le maximum de renseignements.

Marcel Courtial

Les campestriens au service de la Révolution en 1792